Matthieu Pécot... Made in Maromme
« Je suis made in Maromme ! » Matthieu Pécot le revendique avec humour. Mais en dépit de ses multiples expériences professionnelles en France et en Europe, son attachement à la commune de son enfance est encore bien vivace.
« Mes parents vivent à la Maine. Mes grand-parents, avant eux, habitaient déjà à Maromme, et ma sœur est aujourd’hui professeur de français au collège Alain. Ma famille est très ancrée ici. Moi-même je suis resté jusqu’à mes 25 ans et je reviens régulièrement leur rendre visite. »
Pour autant, sa passion pour le football, – héritée de son père – et ses ambitions professionnelles vont peu à peu le pousser à quitter le cocon familial.
Après une licence en sciences du langage, obtenue à l’université de Mont Saint Aignan, il entre à Paris-Normandie puis une première fois chez So Foot, en 2007, « parce qu’ils ne se focalisaient pas sur le curriculum vitæ ou l’école de journalisme par laquelle on était passé. C’était plus une question de feeling, de qualité d’écriture, de sensibilité… »
Une chance pour celui qui avoue n’avoir « jamais eu besoin d’aller apprendre le métier dans des écoles spécialisées », et se montre lucide lorsqu’il aborde les raisons de son parcours atypique « Je me suis formé comme cela […] par opportunité. Ce que j’ai perdu en matière d’apprentissage scolaire, je l’ai gagné sur le terrain. J’aurais pu bouger et partir faire une école de journalisme. Mais en réalité j’étais vraiment trop attaché à Maromme. C’était comme une sorte de frontière. Plus jeune, ce qui se passait au-delà ne m’intéressait pas ».
Un beau message d’espoir aussi, pour les jeunes de la commune qui connaissent des difficultés d’insertion professionnelle. « Il faut se tenir à l’affut des opportunités, ne pas complexer ou se dire que certains métiers sont inabordables. Peu importe le parcours scolaire que l’on a eu, si l’on est passionné par quelque chose et que l’on a envie de travailler tout est possible. C’est aussi une histoire de réseau, il faut échanger avec les gens autour de soi et tenter sa chance ».
Sa bonne étoile et sa persévérance vont ainsi le conduire jusqu’au Luxembourg, où il restera sept ans avant de revenir en 2016 au sein du groupe So Press.
Un retour aux sources, induit par l’attrait de ce groupe de presse indépendant dont la liberté de ton fait écho à son style et ses valeurs ; lui qui aime avant tout « se servir du football pour parler de la société » et s’intéresse « aux parcours des individus qu’il y a derrière ».
À titre d’exemple, il brosse l’an passé le portrait de Fred Dembi, attaquant du FC Rouen passé par l’AL Déville-Maromme. Le joueur est alors sous la menace d’une suspension par la Ligue de Football Professionnel, après avoir retiré son maillot en hommage à un ancien coéquipier récemment décédé. Une manière pour le journaliste de dénoncer la déshumanisation du football moderne, avec, au passage un petit clin d’œil à sa ville de naissance «C’est une sorte de message subliminal, pour que les gens entendent parler de la ville. Ça pourrait être une devise : Tous les chemins mènent à Maromme » s’amuse-t-il.
Interrogé sur les difficultés financières des clubs professionnels, dues à la crise sanitaire, il préfère aborder la détresse du monde amateur et se désole des « nombreux bénévoles à qui l’on enlève une raison de vivre ».
Ses pensées vont également aux plus jeunes pratiquants. « C’est bien de jouer dans le couloir de son appartement avec son frère, mais ça ne remplace pas le fait de se retrouver sur le terrain avec ses potes. Si à 10-12 ans on m’avait enlevé un an de sport, cela m’aurait rendu fou. Je ne sais pas comment ils gèrent ça ».
Observateur avisé du football français, Matthieu Pécot ne se cantonne pas pour autant à la seule sphère sportive. Celui qui collabore régulièrement à la rédaction du magazine Society, s’ouvre en effet à d’autres horizons et notamment à l’univers musical.
Son actualité prend en l’occurrence la forme d’un documentaire, illustrant la carrière du rappeur Médine. Une nouvelle opportunité professionnelle, que le rédacteur en chef n’a pas laissé passer. « Je le connais depuis 20 ans. J’avais déjà réalisé une interview de Médine lors de la polémique sur le Bataclan ».
« À l’époque, il était sollicité par tous les médias, mais il n’avait plus confiance en beaucoup d’entre eux. On a échangé, il savait qu’avec moi sa parole ne serait pas déformée et qu’il aurait une véritable tribune pour s’exprimer. Nous avons réalisé une grosse interview qui avait permis de le dédiaboliser aux yeux du grand public et de désamorcer la situation. Il y a peu, le groupe France Télévision est entré en relation avec “AllSo” [Ndlr : la société de production que possède So Press] pour la réalisation d’un documentaire sur sa plateforme numérique France Tv Slash. Le nom de Médine a été évoqué. Du fait de mes liens avec lui, j’étais l’interlocuteur privilégié pour l’approcher. Alors, je me suis lancé à fond dans l’écriture ».
Au final, cette première expérience réussie [Ndlr : le documentaire a déjà été visionné plus de 400 000 fois] a quelque peu bouleversé sa vision de l’écriture journalistique, sans compter un impact plutôt positif sur sa notoriété.
« À la base, ce qui me plait c’est l’écriture. Et là, je me suis rendu compte que ce type de format avait un impact beaucoup plus fort que ce que je pouvais faire habituellement. Je m’en suis aperçu à travers les retours de gens autour de moi… des normands, des marommais, des personnes que je n’avais pas revues depuis le collège ou même l’école primaire et qui m’ont félicité pour le documentaire ».
Un succès qui l’incite depuis à envisager de nouveaux sujets sur ses terres. « Je ne veux pas me fixer de limites ou m’enfermer dans des cases ; être le spécialiste des documentaires sur le rap ou la Normandie. Cela dit, j’ai deux projets sur lesquels je travaille actuellement, dont l’un que j’aimerais axer sur Maromme. La culture ici, c’est quelque chose. C’est peut-être du chauvinisme, mais toutes les villes n’ont pas ce truc-là ! Ce n’est peut-être pas la ville la plus belle du monde, mais on peut s’y sentir bien et avoir envie d’y faire quelque chose ». Affaire à suivre…
Interview M. Pécot
Présentation (enfance, souvenirs)
Je m’appelle Matthieu Pécot, j’ai 37 ans et j’ai vécu à Maromme durant très longtemps, jusqu’à mes 25 ans. Mes parents habitent à Maromme (La Maine) depuis ma naissance. Mes grands-parents avant eux étaient aussi de la Maine et sont morts à Maromme. Une partie de ma famille est très ancrée ici et s’est tout de suite sentie bien avec ce côté mi ville mi campagne.
Moi-même j’ai fait toutes mes classes ici. École maternelle et primaire à la Maine, collège Alain. Je suis made in Maromme à fond !
J’ai commencé à faire du sport aussi dans cette ville. J’ai fait du judo, mais j’ai arrêté après m’être pris une raclée au gymnase Rabelais. Ce qui est bien, c’est qu’à Maromme tu rencontres toujours quelqu’un qui est plus fort que toi. J’ai appris à perdre et à embrayer sur autre chose. J’ai fait du foot et du ping-pong pendant longtemps aussi. Il était hors de question que je défende les couleurs d’une autre ville !
Quels sont tes liens avec la ville aujourd’hui ? Interviens-tu dans ton domaine à Maromme de temps à autre ?
Non, pas du tout, parce que je ne suis pas sollicité. Je ne suis pas un sportif ou un musicien. Alors si on ne me sollicite pas, je ne vais pas démarcher des gens pour faire parler de moi. Mon lien avec la ville est essentiellement familial. Je reviens à Maromme car mes parents habitent toujours ici. En revanche, j’aime bien me balader en ville et j’ai toujours quelques amis qui ne sont pas très loin.
Pourtant tu as déjà fait des interventions en faveur de structures sportives, comme à Caen par exemple …
Oui j’ai effectué une séance de média training avec So Foot où je travaille depuis 2007. Nous faisons de la presse écrite, mais il y a aussi plusieurs branches, d’autres activités, dont le média training. On se rend dans des centres de formation de clubs français et l’on vient parler avec les adolescents de 13 à 17 ans qui sont potentiellement de futurs joueurs professionnels. On essaye de les mettre à l’aise vis-à-vis des relations avec la presse. On désacralise ou dédiabolise les médias et on leur montre les pièges dans lesquels ne pas tomber. Ce n’a été qu’un « one shot », mais s’il fallait le refaire je le referai avec plaisir.
Un mot sur ton parcours, tu es actuellement le rédacteur en chef pour la partie web du magazine So Foot …
Oui, c’est ça. Enfin… à So Press (groupe de presse indépendant) il y a près de 10 magazines différents. Nous avons tous nos spécialités, mais j’ai déjà écrit des articles sur le rugby ou le cyclisme. J’ai également collaboré à la rédaction du magazine Society…
En réalité, ce qui m’a plu à So Press c’est le fait de se servir du football pour parler de la société. Parler de foot c’est bien, mais s’intéresser aux parcours des individus qu’il y a derrière ce sont là des histoires qui me touchent et me passionnent réellement.
Quand on s’intéresse à ton travail, il émane une véritable liberté de ton et d’action…
Oui totalement ! C’est pour cela que ça a bien marché avec So Press. Quand j’ai commencé, à Paris Normandie, j’avais déjà cet esprit-là mais il fallait s’adapter à la structure dans laquelle je travaillais et savoir ce que je pouvais me permettre d’écrire. Idem pour mon expérience au Luxembourg. Parfois il faut être un peu plus conventionnel, parfois il est possible de se lâcher un peu plus. Il faut essayer de trouver le bon ton en fonction du support.
Du coup petit retour sur ta formation, tu as fait des études de journalisme à l’origine ?
Non non non (rires). Disons que plus jeune, sans pour autant flâner, je laissais un peu le temps passer… C’est étrange, mais j’étais persuadé d’avoir une bonne étoile et qu’à un moment mes passions et mes envies professionnelles allaient se télescoper. Heureusement, c’est un peu ce qui s’est passé. J’ai pu entrer à So Foot parce qu’ils ne se focalisaient pas sur le cv ou l’école par laquelle on était passé. C’était plus une question de feeling, de qualité d’écriture, de sensibilité… J’ai peut-être aussi eu un peu de chance… Donc non, pas d’école de journalisme, juste une licence en Science du Langage à l’université de Mont Saint Aignan.
En fait mon parcours est un peu lié à Maromme. Je suis allé au collège Alain, au lycée de la Vallée du Cailly et après j’aurais pu bouger et partir faire une école de journalisme. Mais en réalité j’étais vraiment trop attaché à la commune. C’était comme une sorte de frontière. J’allais jusqu’à Rouen mais au-delà, ce qui se passait en Haute-Normandie ne m’intéressait pas.
Du coup, je suis allé à la faculté de Lettres de Mont Saint Aignan, j’ai obtenu ma licence laborieusement, sans réelle passion, et j’ai eu la chance de rentrer directement à Paris Normandie puis à So Foot sans jamais avoir eu besoin d’aller apprendre le métier dans des écoles spécialisées.
Tu as su saisir les opportunités qui se sont présentées à toi en somme…
Oui c’est ça ! Parfois je complexais, mais je me suis vite aperçu que d’avoir fait ces écoles n’empêchait pas certains de galérer professionnellement. Ce que j’ai perdu en termes d’apprentissage, je l’ai gagné sur le terrain. Je me suis formé comme cela, pas vraiment par choix mais plutôt par opportunité. Mais attention, mon message n’est pas non plus de dire que les écoles de journalisme ne servent à rien.
Alors justement, quels seraient tes conseils pour les jeunes qui aujourd’hui voudraient suivre ta voie ? Quel serait ton message ?
Il faut se tenir à l’affut des opportunités, ne pas complexer ou se dire que certains métiers sont inabordables, sauf si l’on a 32 ans et que l’on veut devenir cosmonaute (rires). Peu importe le parcours scolaire que l’on a eu, si l’on est passionné par quelque chose et que l’on à envie de travailler tout est possible. Après, c’est aussi une histoire de réseau, il faut échanger avec les gens autour de soi et tenter sa chance.
Revenons en maintenant au sport et au football en particulier. Du fait de ton activité, tu es aujourd’hui un observateur avisé sur le plan national, mais gardes-tu un œil sur l’actualité des clubs professionnels et amateurs de la proche région ?
Je ne suis pas tous les résultats. Cela dit, dès que je peux, j’essaye d’en parler. Il y a un an, lorsque le FC Rouen a réalisé une belle épopée en Coupe de France, j’avais réalisé une interview de Fred Dembi qui avait été le héros du match face à Metz. Il y avait eu une polémique car il avait enlevé son maillot en soutien à Nathaël Julan, ancien joueur du Havre décédé quelques jours plus tôt, et avait reçu une suspension. En me renseignant à son sujet, j’ai vu qu’il était passé par l’ALDM et j’ai décidé de l’interviewer. Dans mon article, j’ai mentionné cela. C’est une sorte de message subliminal, pour que les gens entendent parler de la ville (rires). Cela pourrait être la devise de la commune : « Tous les chemins mènent à Maromme ».
Te concernant, d’où t’es venue cette passion pour le football ?
Cela me vient de mon père, footballeur passionné, qui nous a transmis cela à mon frère et à moi. Aujourd’hui, ce sont les deux seules personnes qui comprennent la façon dont je ressens ce sport. Quand j’ai couvert la Coupe du Monde 2018 en Russie, c’était avec eux que j’avais envie de partager cela.
Un mot sur la situation sanitaire actuelle et les difficultés que rencontre le monde amateur ?
Je n’ai pas suivi le cas particulier de l’ALDM, mais ce qui est désolant c’est de se dire que le football professionnel reprend parce qu’il y a de l’argent, des intérêts financiers importants, alors que le football amateur ne le peut pas. C’est triste car certains voient leurs emplois menacés et au-delà de ça, ce sont aussi de nombreux bénévoles à qui on enlève une raison de vivre. Je pense aux petits marommais… C’est bien de jouer dans le couloir de son appartement avec son frère, mais ça ne remplace pas le fait de se retrouver sur le terrain avec ses potes. Si à 10-12 ans on m’avait enlevé un an de sport, cela m’aurait rendu fou. Je ne sais pas comment ils gèrent ça… Il faut être fort mentalement.
Intéressons-nous maintenant à ton actualité. Étonnamment, il ne s’agit plus là de sport mais de musique ! Comment en es-tu arrivé à ce domaine ?
Comme je le disais précédemment, à So Press il est possible d’écrire sur tous les sujets. J’avais donc déjà réalisé une interview de Médine dans le magazine Society lors de la polémique sur le Bataclan. Nous sommes potes, je le connais depuis 20 ans. A l’époque, il était sollicité par tous les médias mais il n’avait plus confiance en beaucoup d’entre eux. On a échangé ; il savait qu’avec moi sa parole ne serait pas déformée et qu’il aurait une véritable tribune pour s’exprimer. Nous avons réalisé une grosse interview qui avait permis de le dédiaboliser aux yeux du grand public et de désamorcer la situation. Society m’avait permis de faire cela, ce qui est courageux car ce n’était pas spécialement à la mode de parler de Médine à ce moment-là. Deux ans plus tard, le groupe France Télévision est entré en relation avec « AllSo » la société de production que possède So Press, pour la réalisation d’un documentaire sur sa plateforme numérique « France Tv Slash ». Le nom de Médine a été évoqué. Du fait de mes liens avec lui, j’étais l’interlocuteur privilégié pour l’approcher. Je me suis lancé à fond dans l’écriture. Tout a été validé et nous avons même obtenu des aides financières de la Région ou encore du CNC. Mon travail a plu, ce qui est vraiment gratifiant.
D’autant que les retours sont plutôt bons, hormis une petite polémique avec le FN !
Oui, mais c’est de bonne guerre. S’ils avaient adoré, ça aurait presque posé problème. Cela aurait voulu dire que je m’étais trompé d’angle. Si même les types du Rassemblement National l’ont vu, c’est gagné ! (rires). De manière générale, j’ai du mal à me rendre compte du succès du documentaire qui a déjà été visionné plus de 400 000 fois !
Au vu de la réussite de ce premier essai, te vois-tu en refaire d’autres à l’avenir ?
Cela m’a donné envie d’en faire, oui. A la base, ce qui me plait c’est l’écriture. Et là, je me suis rendu compte que ce type de format avait un impact beaucoup plus fort que ce que je pouvais faire habituellement avec So Foot. Je m’en suis aperçu à travers les retours de gens autour de moi… des normands, des marommais, des personnes que je n’avais pas revues depuis le collège ou même l’école primaire. Ils m’ont félicité pour le documentaire, étaient contents pour moi.
Cet événement a fait parler de toi et de ton travail. Mais il t’a également permis de renouer avec Maromme et ton enfance !
Oui. C’est la vie, plus le temps passe et plus l’on perd le contact avec certaines connaissances. J’étais content d’en retrouver par ce biais. De manière générale, ce qui m’a fait plaisir c’est que la presse normande en parle, autant pour le sujet que pour le fait que ce soit fait par un normand.
Tu es un amateur de rap en général. En décembre dernier, nous avions réalisé une interview de Léone, un jeune artiste marommais. Est-ce que tu t’intéresses à cette scène locale ? Et est-ce qu’un autre documentaire dans la même veine que celui avec Médine serait envisageable pour mettre en avant ces talents locaux ?
Je ne veux pas me fixer de limites ou m’enfermer dans des cases, ni être le spécialiste des documentaires sur le rap ou la Normandie. Ce sont les histoires qui me touchent. Si la personne vient du bout du monde, qu’elle ne fait pas rap ni de foot mais que son parcours m’interpelle, je vais avoir envie de faire quelque chose avec elle.
Cela dit, un mec comme Leone est une bénédiction pour Maromme. Il l’incarne, il est fier d’être marommais. D’ailleurs, si l’on tend l’oreille, on capte de nombreuses références à la ville dans ses chansons. On sent que ça nourrit sa créativité, l’ambiance de sa musique. Et surtout, on voit qu’il veut tout casser, dépasser ce statut de jeune marommais condamné à rester bloqué dans sa ville. Il veut aller plus loin tout en gardant cet ancrage. C’est pour ça que sa musique me touche. J’aurais aimé faire ce qu’il fait. Du coup, je vais suivre sa progression, même si je ne sais pas si je finirais par faire un documentaire sur lui. En fait, je ne le connais pas assez personnellement. Pour le moment je reste un simple auditeur et je me contente de réagir à son travail sur les réseaux sociaux. Il faudrait que j’apprenne à le connaître, comme ça a été le cas avec Médine. Il faudrait que je bosse vraiment à fond le sujet avant de me lancer. En tout cas, les mecs comme Younes, Leone, Rilès, je les respecte énormément. D’ailleurs ce ne sont pas les premiers rappeurs marommais à percer. Je pense notamment au groupe « Esprit Mal 1 », que j’écoutais durant mon adolescence et qui a ouvert la porte à des artistes comme Leone. C’est la preuve que la culture rap était déjà bien présente à Maromme à l’époque.
Pour conclure, que peut-on te souhaiter pour la suite ? As-tu des projets que tu aimerais voir se réaliser ?
J’ai deux projets de documentaires sur lesquels je travaille actuellement. C’est en phase d’écriture pour le moment, mais j’essaye d’en axer un sur la jeunesse de Maromme. J’aimerais faire quelque chose sur la ville avant d’être trop vieux ou de manquer d’inspiration. En outre, ma sœur est professeur de français au collège Alain. Elle aussi est très attachée à Maromme, à tel point qu’elle a voulu enseigner là où elle était élève ! Après la sortie de mon documentaire, elle m’a contacté pour me parler de sa classe de 5e qui est très axée sur la culture. Dans un premier temps, je vais donc intervenir sur site pour parler de mon documentaire et du journalisme en général.
La culture à Maromme, c’est quelque chose. Ça me touche énormément. C’est peut-être du chauvinisme, mais toutes les villes n’ont pas ce truc-là ! C’est l’héritage de Colette Privat qui a changé le visage de Maromme. Sans elle, il n’y aurait peut-être jamais eu Léone… L’accès aux à la musique, au sport… elle a créé un environnement qui fait qu’aujourd’hui il fait bon vivre à Maromme. Ce n’est peut-être pas la ville la plus belle du monde, mais on peut s’y sentir bien et avoir envie d’y faire quelque chose.