Les bornes de garnisons – dont l’origine remonterait à l’époque romaine – sont des repères géographiques en pierre de taille d’environ un mètre de haut et de forme quadrangulaire, utilisés principalement pour délimiter les territoires occupés ou surveillés par des forces militaires.
Sous l’Ancien Régime, ces bornes se multiplient dans toute la France, notamment à la fin XVIIIe siècle où de plus en plus de soldats sont envoyés dans les villes pour protéger les lieux stratégiques et éviter les soulèvements populaires.
Situées en périphérie des secteurs contrôlés par l’armée, le plus souvent aux abords des axes de circulation, elles matérialisent les frontières au-delà desquelles les soldats en garnison ne devaient pas s’aventurer s’ils ne voulaient pas être déclarés déserteurs.
À Maromme, la borne située sur le pont qui traverse le Cailly – où l’on peut lire la mention « Limite de la garnison de Rouen » – servait probablement à définir le périmètre dont ne devaient pas sortir les militaires chargés de défendre le site de la poudrerie royale.
Sources :
DELSALLE Lucien-René, Bulletin de la Commission départementale des antiquités de la Seine-Maritime, « Des bornes pour limiter la garnison de Rouen », 2007
BARDET Jean-Pierre et CHALINE Jean-Pierre, Bulletin des Amis des Monuments Rouennais, » Les casernes de Rouen », 1985
Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes, archives du Génie.
Bibliothèque nationale de France.